RIMBAUD ?…Beau !

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L’HOMME JUSTE

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Le juste restait droit sur ses hanches solides ;
Un rayon lui dorait l’épaule ; des sueurs
Me prirent : « Tu veux voir rutiler les bolides ?
Et, debout, écouter bourdonner les flueurs
D’astres lactés, et les essaims d’astéroïdes ?

« Par des farces de nuit ton front est épié,
O Juste ! Il faut gagner un toit. Dis ta prière,
La bouche dans ton drap doucement expié ;
Et si quelque égaré choque ton ostiaire
Dis : Frère, va plus loin, je suis estropié ! »

Et le Juste restait debout, dans l’épouvante
Bleuâtre des gazons après le soleil mort :
« Alors, mettrais-tu tes genouillères en vente,
O Vieillard ? Pèlerin sacré ! barbe d’Armor !
Pleureur des Oliviers ! main que la pitié gante !

Barbe de la famille et poing de la cité,
Croyant très doux ; ô coeur tombé dans les calices,
Majesté et vertus, amour et cécité,
Juste ! plus bête et plus dégoûtant que les lices !
Je suis celui qui souffre et qui s’est révolté !

« Et ça me fait…/…

RIMBAUD

Oeuvres
Éditions Baudelaire
(page 98)

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Article complémentaire
http://osee3.unblog.fr/2010/10/19

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VERLAINE…vers ?

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SAGESSE

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L’ennemi se déguise en l’Ennui
Et me dit : »A quoi bon, pauvre dupe ? »
Moi je passe et me moque de lui.
L’ennemi se déguise en la Chair
Et me dit : « Bah, retrousse une jupe ! »
Moi j’écarte le conseil amer.

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L’ennemi se transforme en un ange
De lumière et dit :  » Qu’est ton effort
A côté des tributs de louange
Et de Foi dus au père céleste ?
Ton amour va-t-il jusqu’à la mort ? »
Je réponds : « l’Espérance me reste. »

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Comme c’est le vieux logicien,
Il a fait bientôt de me réduire
A ne plus vouloir répliquer rien,
Mais sachant qui c’est, épouvanté
De ne plus sentir les mondes luire,
Je prierai pour de l’humilité.

VERLAINE
(XX)
Armand Colin – (page 59)

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Article complémentaire
http://osee.unblog.fr/2008/08/16

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FERRAT… cri

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Je ne suis qu’un cri

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Je ne suis pas littérature
je ne suis pas photographie
Ni décoration ni peinture
Ni traité de philosophie

Je ne suis pas ce qu’on murmure
Aux enfants de la bourgeoisie
Je ne suis pas saine lecture
Ni sirupeuse poésie

Je ne suis qu’un cri

Non je n’ai rien de littéraire
Je ne suis pas morceaux choisis
Je serais plutôt le contraire
De ce qu’on trouve en librairie

Je ne suis pas guide ou bréviaire
Ni baratin ni théorie
Qu’on range entre deux dictionnaires
Ou sur une table de nuit

Je ne suis qu’un cri

Je n’ai pas de fil à la patte
Je ne viens pas d’une écurie
Non je ne suis pas diplomate
Je n’ai ni drapeau ni patrie

Je ne suis pas rouge écarlate
Ni bleu ni blanc ni cramoisie
Je suis d’abord un cri pirate
De ces cris-là qu’on interdit

Je ne suis qu’un cri

Je ne suis pas cri de plaisance
Ni gueulante de comédie
Un cri qu’on pousse en apparence
Pour épater la compagnie

Moi si j’ai rompu le silence
C’est pour éviter l’asphyxie
Oui je suis un cri de défense
Un cri qu’on pousse à la folie

Je ne suis qu’un cri

Pardonnez si je vous dérange
Je voudrais être un autre bruit
Être le cri de la mésange
N’être qu’un simple gazouillis

Tomber comme un flocon de neige
Être le doux bruit de la pluie
Mais je suis un cri qu’on abrège
Je suis la détresse infinie

Je ne suis qu’un cri

Jean FERRAT
Ed. Alleluia

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Article complémentaire
http://osee3.unblog.fr/2010/03/15

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Baudelaire

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Lecteur paisible et bucolique,
Sobre et naïf homme de bien,
Jette ce livre saturnien,
Orgiaque et mélancolique

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Si tu n’as fait ta rhétorique
Chez Satan, le rusé doyen,
Jette ! tu n’y comprendrais rien,
Ou tu me croirais hystérique.

*

Mais si, sans se laisser charmer,
Ton oeil sait plonger dans les gouffres,
Lis-moi, pour apprendre à m’aimer ;

*

Âme curieuse qui souffres
Et vas cherchant ton paradis,
Plains-moi ! …Sinon, je te maudis !

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Épigraphe
pour un livre condamné

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Dans « Les Fleurs du Mal » le poète exprime son mal de vivre :

« Dans toute vie humaine donc qui se croit déjà infinie ou qui veut l’être, chaque instant même est désespoir ».


A six ans, le jour de la mort de son père, Baudelaire commence à se défier du monde.
Un an plus tard il prend conscience d’être en situation atroce dans un monde horrible, lorsque sa mère se remarie. La seule chose dont Baudelaire semble ne jamais avoir douté : le langage.
Second prix de vers latins au Concours Général, il est quand même mis à la porte de Louis-le-Grand en 1839 pour indiscipline ; ce qui ne l’empêche pas de réussir son bac. Est-ce pour déplaire à son beau-père  maréchal de camp qu’il devient ce « réfractaire »  ?

Une fois ses études réussies, il entend mener son existence à son gré et réclame l’héritage de son père.
En 1841…conseil de famille !
On expédie le jeune homme de 20 ans, (qui a commencé les Fleurs du Mal)  sur un paquebot en partance pour Calcuta. Il sera de retour l’année suivante.
Il rencontre alors Jeanne Duval, Vénus noire (qui restera son plus sûr semblant d’amour toute sa vie)…coûteuse garce à qui il ne refuse rien. Déménagements nombeux. Dettes. Il est engagé dans son destin de poète maudit. Femmes, amis, drogue, ivresse, amour de Paris et de la peinture, nécessité de gagner sa vie et éternelle bagarre avec la famille.

Publié en 1857 par Poulet-Malassis, « Les fleurs du mal » ont fait scandale !
Procès, saisie, condamnation, amende (intervention de l’Impératrice pour en diminuer le montant).
Combien les moeurs ont évolué !!

 

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La légende des siècles

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La légende des siècles 

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La créature humaine, importune au ciel bleu,
Faisait une ombre affreuse à la cloison de Dieu ;
Elle n’avait plus rien de sa forme première ;
Son oeil semblait vouloir foudroyer la lumière,
Et l’on voyait, c’était la veille d’Attila,
Tout ce qu’on avait eu de sacré jusque-là
Palpiter so
us son ongle et pendre à ses mâchoires,
D’un côté les vertus et de l’autre les gloires.
Les hommes rugissaient quand ils croyaient parler.
L’âme du genre humain songeait à s’en aller ;
Mais avant de quitter à jamais notre monde,
Tremblante, elle hésitait sous la voûte profonde,
Et cherchait une bête où se réfugier.
On entendait la tombe appeler et crier.
Au fond, la pâle Mort riait sinistre et chauve.
Ce fut alors que toi, né dans le désert fauve
Où le soleil est seul avec Dieu, toi, songeur
De l’antre que le soir emplit de sa rougeur,
Tu vins dans la cité toute pleine de crimes ;
Tu frissonnas devant tant d’ombre et tant d’abîmes ;
Ton oeil fit, sur ce monde horrible et châtié,
Flamboyer tout à coup l’amour et la pitié ;
Pensif tu secouas ta crinière sur Rome ;
Et l’homme étant le monstre, ô lion, tu fus l’homme.

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Victor HUGO
(1802-1885)

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Victor HUGO
est un monument de la littérature française
Romans, pièces, poésies furent composés avec talent-bonheur-succès.
Je reviendrai avec des extraits de cet homme engagé, donc pas de biographie…

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Aujourd’hui
à vous  la parole
Que représente-t-il  à vos yeux ?

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