PAPE…Pourpre ?

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Le PAPE

Sur le seuil du Vatican

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Je parle à la Cité, je parle à l’Univers.

Écoutez, ô vivants de tant d’ombre couverts,
Qu’égara si longtemps l’imposture servile,
Le sceptre est vain , le trône est noir, la pourpre est vile.
Qui que vous soyez, fils du Père, écoutez tous.
Il n’est sous le grand ciel impénétrable et doux
Qu’une pourpre, l’amour ; qu’un trône , l’innocence.
L’aube et l’obscure nuit sont dans l’homme en présence
Comme deux combattants prêts à s’entre-tuer :
Le prêtre est un pilote ; il doit s’habituer
A la lumière afin que son âme soit blanche ;
Tout veut croître au grand jour, l’homme, la fleur, la branche,
La pensée ; il est temps que l’aurore ait raison ;
Et Dieu ne nous a point confié sa maison,
La justice, pour vivre en dehors d’elle, et faire
Grandir l’ombre et tourner à contre-sens la sphère.

Je suis comme vous tous, aveugle, ô mes amis !
J’igore l’homme, Dieu, le monde ; et l’on m’a mis
trois couronnes au front, autant que d’ignorance.

Celui qu’on nomme un pape est vêtu d’apparences ;
Mes frères les vivants me semblent mes valets ;
Je ne sais pas pourquoi j’habite ce palais ;
Je ne sais pas pourquoi…/…
(scène 1 – page 1033 – tome 15e)

Victor HUGO
Oeuvres complètes

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Victor Hugo, né le 26 février 1802
 » Ce siècle avait deux ans… »
jamais baptisé…pour l’enseignement laïque…mais doté d’une foi profonde et d’un questionnement que l’on retrouve dans nombre de ses oeuvres…
reproche à l’Église le carcan qu’elle impose.
Ainsi fera-t-il dire à Olympio:
« Les dogmes et les pratiques sont des lunettes qui font voir l’étoile aux vues courtes. Moi je vois Dieu à l’œil nu »

Adhérant à des mouvements anticléricaux…
il croit cependant en un Dieu souffrant et compatissant…force infinie créatrice de l’univers et à l’immortalité de l’âme.

Sa quête spirituelle l’entraîna à explorer d’autres voies…
Coran, druidisme, spiritisme…

Vous trouverez souvent de ses vers dans mes blogs,
catégorie poésie/poèmes.

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HUGO ?

Grand poète et dramaturge
ses vers sur la Religion, l’Europe, les Humains, etc.
sont toujours d’une acuité remarquable !

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RODRIGUE…coeur ?

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LE CID

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Chimène

Quoi ! Rodrigue, en plein jour ! d’où te vient cette audace ?
Va, tu me perds d’honneur ; retire-toi, de grâce.

Don Rodrigue

Je vais mourir, Madame, et vous viens en ce lieu,
Avant ce coup mortel, dire un dernier adieu ;
Cet immuable amour qui sous vos lois m’engage
N’ose accepter ma mort sans vous en faire hommage.

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- Tu vas mourir !
- Je cours à ces heureux moment
Qui vont livrer ma voie à vos ressentiments.

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- Tu va mourir ! Don Sanche est-il si redoutable
Qu’il donne l’épouvante à ce coeur indomptable ?
Qui t’a rendu si faible, ou qui le rend si fort ?
Rodrigue va combattre, et se croit déjà mort !
Celui qui n’a pas craint les Mores, ni mon père,
Va combattre don Sanche, et déjà désespère !
Ainsi donc au besoin ton courage s’abat !

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- Je cours à mon supplice, et non pas au combat ;
Et ma fidèle ardeur sait bien m’ôter l’envie,
Quand vous cherchez ma mort, de défendre ma vie.
J’ai toujours même coeur ; mais je n’ai point de bras
Quand il faut conserver ce qui ne vous plaît pas.
Et déjà cette nuit m’aurait été mortelle,
Si j’eusse combattu pour ma seule querelle ;
Mais défendant mon roi, son peuple et mon pays,
A me défendre mal je les aurais trahis.
Mon esprit généreux ne hait pas tant la vie,
Q’uil veuille sortir par une perfidie.
Maintenant qu’il s’agit de mon seul intérêt,
Vous demandez ma mort, j’en accepte l’arrêt.
Votre…/…
(Acte V – scène 1)

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CORNEILLE
(Nouveaux classiques illustrés – Hachette)

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Le Cid   est la pièce la plus célèbre du théâtre français et de Corneille.
On pourrait même dire qu’elle le fut dès sa première représentation fin 1936, l’année de son écriture.

Il y a quelques années, Gérard Philipe  s’est assuré avec ce rôle un extraordinaire succès, démontrant que le vieux chef d’oeuvre était toujours vivant.

Il pose les plus hauts problèmes humains.
Chimène  et  Rodrigue, un couple sportif et brillant.
Leurs doubles et rivaux : l’Infante  et don Sanche.
Leurs pères. Le Roi et la cour. Les gouvernantes.

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Cette pièce fut adaptée au cinéma
avec les stars

Sophia Loren  et  Charlton Heston

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Article complémentaire

http://osee.unblog.fr/2009/07/31

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CROMWELL…déchiffré ?

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CROMWELL

(Pièce historique)

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Demain, 25 juin 1657
Quelqu’un, que lord Broghill autrefois chérissait,
Attend le grand matin ledit lord aux Trois-Grues,
Près de la halle au vin, à l’angle des deux rues.
Voilà bien la taverne ; et c’est le même lieu
Que Charles, à Worcester abandonné de Dieu,
Seul, disputant sa tête après son diadème,
Avait, pour fuir Cromwell, choisi dans Londres même.
Mais ce billet qu’hier j’ai reçu, d’où vient-il ?
L’écriture…
(Acte 1er – scène l)

…/…

Cromwell (à part)
Implacable innocente ! On me croit impuni !
Ma fille la plus chère et la dernière née
Semble une conscience à mes pas acharnée.
La candeur d’une enfant, son oeil naïf, sa voix
Font trembler un Cromwell, l’épouvante des rois !
Devant sa pureté toute ma force expire.
Dis-je persévérer ? Dois-je saisir l’empire ?
Prosterné sous le trône où je serais assis,
Le monde se tairait ; mais que dirait Francis ?
Que dirait son regard, doux comme sa parole,
Et qui m’enchante encore alors qu’il me désole ?
Cher enfant ! que son soeur saurait avec effroi
Que je suis régicide, et que j’ose être roi !
Dans sa province obscure il  faut qu’on la renvoie.
Au but de mon destin sacrifions ma joie,
Privons mes derniers ans de ses soins que j’aimais,
N’attristons pas surtout, ne détrompons jamais
Le seul être qui m’aime encore, sans
ma puissance,
Et dans le monde entier croie à mon innocence !
Ange heure ! que mon sort ne touche pas au sien !
Il le faut : soyons roi, sans qu’elle ne sache rien.
(Haut à Francis)
Conserve ce coeur pur, je t’aime ainsi, ma fille !
(Acte III – scène 5)

…/…

Se pourrait-il ? Lever le rideau du destin ;
Lire au loin dans le ciel un avenir lointain ;
Déchiffrer chaque vie et chaque caractère ;
Voir la clef de l’énigme et le mot du mystère,
Ce mot qu’un doigt suprême, invisible à nos yeux,
Trace avec des soleils sur le livre des cieux !
Moi, qui me contentais de je ne sais quel trône !
Fier de briller au faîte ou quelques rois ont lui,
Je méprisais ce juif. Que suis-je près de lui ?
Qu’est-ce que ma puissance auprès de son empire ?
Près du but qu’il atteint qu’est le but ou j’aspire ?
Son royaume est le monde, et n’a pas d’horizon
…/…
(Acte III – scène 17)

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Victor HUGO
Oeuvres complètes
(Tome III)
Le club français du livre
8 rue de la Paix – Paris 2ème

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Cromwell  est d’abord une pièce historique, avant d’être une Préface…On l’oublie trop.
L’oeuvre déconcerte dès lors qu’on la situe dans le perspective du drame romantique ou même du théâtre hugolien, et qu’on l’envisage ainsi rétrospectivement.
Son lien avec la Préface fait problème …/…
(Victor Hugo et l’âge d’hommepar Claude Duchet)

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Les oeuvres complètes
de notre écrivain-poète engagé
sont une manière agréable de passer l’hiver
(22 tomes)

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Les plaideurs

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Les plaideurs

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Ma foi ! sur l’avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Un juge, l’an passé, me prit à son service ;
Il m’avait fait venir d’Amiens pour être Suisse.
Tous ces Normands voulaient se divertir de nous :
On apprend à hurler, dit l’autre, avec les loups.
Tout Picard que j’étais, j’étais un bon apôtre,
Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre.
Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas ;
« Monsieur de Petit Jean« , ah ! gros comme le bras !
Mais sans argent l’honneur n’est qu’une  maladie.
Ma foi ! j’étais un franc portier de comédie :
On avait beau heurter et m’ôter son chapeau,
On n’entrait pas chez nous sans graisser le marteau.
Point d’argent, point de Suisse, et ma porte était close.
Il est vrai qu’à Monsieur j’en rendais quelque chose :
Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin
De fournir la maison de chandelle et de foin ;
Mais je n’y perdais rien. Enfin, vaille que vaille,
J’aurais sur le marché fort bien fourni la paille.
C’est dommage : il avait le coeur trop au métier ;
Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier
Et bien souvent tout seul ; si l’on  l’eut voulu croire,
Il y serait couché sans manger et sans boire.
Je lui disais parfois  » Monsieur Perrin Dandin,
Tout franc, vous devez vous lever tous les jours trop matin.
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure« .
Il n’en a tenu compte. Il a si bien veillé
Et si bien fait qu’on dit que son timbre est brouillé
Il nous veut tous juger les uns après les autres.
Il marmotte toujours certaines patenôtres
Où je ne comprends rien. Il veut, bon gré, mal gré,
Ne se coucher qu’en robe et qu’en bonnet carré.
Il fit couper la tête à son coq de colère
Pour l’avoir éveillé plus tard qu’à l’ordinaire ;
Il disait qu’un plaideur dont l’affaire allait mal
Avait graissé la patte à ce pauvre animal.
etc…

Acte premier – Scène 1
(Petit Jean traînant un gros sac de procès)

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Racine   ,dans cette pièce, a voulu ridiculiser les gens de Justice.
Cette pièce écrite en 1668, connu des débuts difficiles. Elle semblait irrémédiablement condamnée…
Les comédiens, appelés à la Cour,  osèrent la jouer devant le Roi. qui « y fit grands éclats de rire« …
Le suffrage du roi et de la cour entraîna celui de Paris. Quand elle y fut rejouée elle connut un franc succès qui ne se démentit plus dans la suite quand la Comédie Française l’avait à l’affiche.

                                

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Racine (1639-1699) fut un orphelin élevé par les religieuses des Petites Écoles du monastère de Port-Royal. Ensuite il fit de sérieuses études. Entré à Paris il fit présenter sa première pièce  La Thébaïde (1664) puis Alexandre (1965) La période des dix années qui suivirent sont les plus fécondes de sa carrière : AndromaqueLes Plaideurs, Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie et Phèdre (1967) dont l’échec  détermina le poète à renoncer pour longtemps au théâtre. Après des démêlés divers (rivalité avec Corneille notamment), il  se maria en 1677 et consacra sa vie à sa famille, l’éducation de ses nombreux enfants et l’écriture d’ouvrages dramatiques à la demande de Mme de Maintenon : Esther (1689) et Athalie (1691).

Les critiques considèrent que l’auteur a restitué  à la scène tragique sa véritable dimension… celle que lui avait conféré les Grecs en considérant la passion amoureuse comme une fatalité infernale génératrice de haine et de destruction. Il est le véritable créateur de la tragédie française.

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Le Misanthrope

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Alceste et Philinte 

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Non : elle est générale, et je hais tous les hommes
Les uns, parce qu’ils sont méchants et malfaisants,
Les autres, pour être aux méchants complaisants
Et n’avoir pas pour eux ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux âmes vertueuses……

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Mon Dieu, des moeurs du temps mettons-nous moins en peine,
Et faisons un peu grâce à la nature humaine ;
Ne l’examinons point dans la grande rigueur,
Et voyons ses défauts avec quelque douceur.
Il faut, parmi le monde, une vertu traitable :
A force de sagesse, on peut être blâmable ;
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l’on soit sage avec sobriété.
Cette grande raideur des vertus des vieux âges
Heurte trop notre siècle et les communs usages ;
Elle veut aux mortels trop de perfection ;
Il faut fléchir au temps sans obstination ;
Et c’est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J’observe, comme vous, cent choses tous les jours,
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ;
Mais quoi qu’à chaque pas je puisse voir paraître,
En courroux, comme vous,on ne me voit point être ;
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,
J’accoutume mon âme à souffrir ce qui’ls font ;
Et je crois qu’à la cour, de même qu’à la ville,
Mon flegme est philosophe, autant que votre bile.

Acte I – scène 1
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Ne trouvez-vous pas que le texte n’a pris aucune ride ?
Qu’il est dommage que les « Classiques » ne soient plus étudiés au collège ?



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