GERVAISE…malaise ?

*
***

L’Assommoir

***
*

0a51.bmp

*
***

Ce furent quatre années de dur travail. Dans le quartier, Gervaise et Coupeau étaient un bon ménage, vivant à l’écart, sans batteries, avec un tour de promenade régulier le dimanche, du côté de Saint-Ouen.
La femme faisait des journées de douze heures chez madame Fauconnier, et trouvait le moyen de tenir son chez elle propre comme un sou, de donner la pâtée à tout son monde, matin et soir.
L’homme ne se soûlait pas, rapportait ses quinzaines, fumait une pipe à sa fenêtre avant de se coucher, pour prendre l’air.
On les citait, à cause de leur gentillesse. Et comme ils gagnaient à eux deux près de 9 francs par jour, on calculait qu’ils devaient mettre de côté pas mal d’argent.

Mais, dans les premiers temps surtout, il leur fallut joliment trimer, pour joindre les deux bouts. Leur mariage leur avait mis sur le dos une dette de deux cents francs. Puis, il s’abominaient,  l’hôtel Boncoeur ; ils trouvaient ça dégoûtant, plein de sales fréquentations ; et il rêvaient d’être chez eux, avec des meubles à eux…./…
( Volume 7 – Chapitre IV – page 135)

*

0a6.jpg

Emile ZOLA

Les Rougon-Macquart
Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second empire
Éditions France Loisirs
*
Les 20 volumes apportèrent
gloire et postérité à l’auteur journaliste-écrivain
Beaucoup furent adaptés au cinéma, dont ce tome.

*

0a7.jpg

*

L’Assommoir était un bar, rue Poissonnière à Paris en 1870.
C’est là que ce noue le destin tragique de Gervaise.

*

0a4.jpg

*

« L’Assommoir est rouge et noir.
L’Assommoir flambe et hurle de toutes les  femmes et de toutes les cacophonies de l’enfer.
L’Assommoir est un livre d’horreur et d’épouvante, un livre terrible, le plus terrible livre qui fut peut-être jamais écrit.
Merci, monsieur Zola. »
Cavanna

*
***
*

5294701kpyd7jl1111.gif

*



SUD blessé…?

*
***

Fausse-Rivière

***
*

0a1.bmp

*

- Comment cela ?  fit le général Tampleton .

- Lincoln a sans doute sauvé la vie de bon nombre de propriétaires d’esclaves. En proclamant l’abolition de l’esclavage, il a désamorcé toutes les révoltes noires qui n’auraient pas manqué d’éclater à l’approche des armées fédérales. Si nos esclaves n’avaient pas cru que la liberté leur était d’avance octroyée par la loi, ils auraient tenté de la prendre. Croyez-moi, Lincoln a rendu inutile et condamnable la violence envers des maîtres qui, déjà, ne l’étaient plus !

- Votre point de vue est original, Dandrige, mais je pense personnellement que la proclamation de l’émancipation dans les États repris par l’Union a, au contraire, encouragé les fugues et stimulé la désobéissance des esclaves dans les États restés fidèles à la Confédération. Cela dit, l’assassinat de Lincoln ne m’a pas réjoui, bien que j’aie souffert une grande honte quant je le vis le 4 avril se pavaner dans Richmond, notre capitale.

- Ayant gagné la guerre, reprit Dandrige, il ne pouvait plus souhaiter, pour exhausser sa propre gloire, que ramener la paix et la prospérité dans l’ensemble de l’Union.
A mon avis, il était…/…
(page 72)

Maurice DENUSIERE
Louisiane Tome 2
Éditions Claude Lattès 1979

*

0a5.jpg0a2.bmp0a7.bmp

*

1885 Le vieux Sud a été ravagé par la guerre de Sécession.
Fausse-Rivière  est l’histoire de sa reconstruction, à travers de celle de Bagatelle, le grand domaine cotonnier des bords du Mississipi.///…
(Extrait de la 4ème de couverture)

*

0a6.bmp0a14.bmp0a10.jpg

*

Une saga agréablement instructive sur cette Terre lointaine
qui fut un temps colonie française
Joli cadeau de Noël…

*
***
*

5294701kpyd7jl1111.gif

*
***
*



La maison des autres

*

* 

0a.jpg

*

Bernard CLAVEL
de
l’Académie Goncourt
(né le 29 mai 1923 à Lons le Saunier)

*

*

La maison des autres dans Cycles romanesques 0a2- Alors ma Monnette, dit-il, tu as bien couru…T’as bien galvaudé et à présent te voilà le ventre creux. Grande salope…Grande salope !

Sa grosse voix se faisait douce. Elle bourdonnait.
S’arrêtant un instant de se laver, Julien regarda vers la porte de la chambre et dit à voix basse :
- Elle était avec moi.

Les moustaches de l’oncle s’écartèrent sur un sourire.
- Toi, tu finiras par te faire engueuler. Le lit va encore être plein de poils.
- Je serai loin quand la tante le verra.
- Pardi, c’est encore moi qui vais trinquer. Elle va encore me dire qu’on s’entend comme larrons en foire, les bestioles et nous deux.

Inclinant la tête à droite pour ne pas brûler ses moustaches, l’oncle alluma sa cigarette. Le café était chaud. Il le versa dans les tasses.
- Il est à peine plus de cinq heures, dit-il ; pour un peu, tu aurais le temps de venir avec mois donner un coup près des piles, avant de t’en aller.
- Tu crois ?

Julien avait prononcé ces deux mots, la gorge un peu serrée, sur un ton qui fit rire son oncle.

- Qu’est-ce qui te fait rire comme ça de grand matin ? demanda la tante en entrant.

L’oncle but une gorgée de café, puis expliqua :
- Je lui propose de prendre la barque et de venir avec moi donner un coup sous le pont. Il aurait largement le temps, mais il a une sacrée frousse d’être en retard !
- Il a raison, dit-elle. Ca ferait mauvaise impression, s’il arrivait en retard le premier jour.

L’oncle se contenta de hausser les épaules. La tante avait remarqué les deux tasses ; elle demanda :
- Pourquoi tu lui donnes du café noir ? Tu sais  bien qu’il y a du lait, c’était bien facile de la faire chauffer ! Et puis, vous êtes donc si pressés ?
- Quand on va travailler, dit l’oncle, on est un homme. Et un homme, ça boit son café le matin.
- On n’est pas un homme à quatorze ans.
- Tu me fais rigoler ; la semaine prochaine, il boira des grands coups de vin et il fumera du gros-cul.
- Tais-toi donc, imbécile tu déraisonnes.

La tante semblait furieuse. Julien souriait à l’oncle qui lui fit un clin d’oeil, ralluma son mégot et lança…

*

LA GRANDE PATIENCE
Editions Rombaldi
(cycle romanesque – 4 tomes)

( Tome premier – pages 13/14)

 

 0a6.gif0a9.jpg0a8.jpg0a5.jpg

 

*

Écrivain à la production importante,
(romans, essais, poèmes et contes pour la jeunesse),
il a obtenu les prix Goncourt avec « Les fruits de l’hiver » (1968) .

Issu d’une famille modeste, autodidacte, il rencontra succès-popularité mais resta toujours attentif aux humbles.
Nombreux de ces textes furent primés ou adaptés à l’écran.

*

S’agissant du cycle « La grande patience« … le premier tome

« La maison des autres »


reçu le Grand Prix du roman et passa à la télévision en 1997.

*

barreroser1.gif

*



Regain

Giono

(30 mars 1895 – 8 octobre 1970)

Regain dans Cycles romanesques 0a001
Surnommé « Le voyageur immobile »
son oeuvre, qui  a surtout pour cadre le monde paysan de Provence, déborde d’humanisme et de révolte contre les moeurs de la société du XX°siècle.
Sa maison « Lou Paraïs » – Mont D’OrManosque est devenue le siège de l’association des Amis de l’écrivain.

…/…

- Cette Piémontaise, dit la grosse Laure, c’est pas une femme qui a les cheveux rouges ? Elle a toujours un des ces fichus…elle va aussi aider pour les cochons. Je l’ai rencontré aux cerisettes l’an passé.

- Toi, tu connais toujours , dit l’oncle, et au fond, tu ne connais rien. Non, elle n’a pas les cheveux rouges. Elle ne sort guère d’Aubignane.  C’est une vieille cavale toute noire ; la zia Mamèche c’est son nom. Cette femme, ça fait au moins quarante ans qu’elle est là-bas. Je me souviens, moi, de quand elle est arrivée. Elle ne savait pas un mot de français. Elle se mettait sous un talus et elle chantait. Puis son homme est mort…Puis, son petit est mort…C’est même quelque chose de curieux, ça…

Le vent hurele derrière les nuages.

0a01 dans Cycles romanesques« …Son homme, c’était un puisatier. Il avait pris l’entreprise du communal. Ce que c’est que le destin ! On faisait un puits nous, à Aubignane ; lui il était de l’autre côté de ses Alpes, peut-être bien tranquille. Nous, avec notre puits, on arrive à un endroit difficile tout en sable qui coule, et notre maçon, qui était des Corbières, nous dit : « Je ne descends plus là-dedans ; j’ai pas envie d’y rester ».
Lui, le Piémontais, c’est juste à ce moment-là qu’il arrive à Aubignagne, avec guère de sous et une femme qui allait faire le petit. Ce qui l’avait tiré de là-bas , allez chercher : le destin !
- Moi je descends, qu’il dit.

…/…

REGAIN
Editions Rombaldi
(page 19)

Article complémentaire : http://osee.unblog.fr/2009/03/30

 barrejuin8.gif

 

Un film a été tiré de ce roman de Giono
(comme beaucoup d’autres qui connurent un grand succès)

gifmercl.gif



Le château de ma mère

0chatmamre.jpg  

Le château de la Buzine
sera l’écrin de l’oeuvre et des trésors de Pagnol
Il devrait être ouvert au public en juin 2010

Ce château de ma mère,
(Marseille 11ème, réquisitionné pendant la 2 guerre mondiale et acheté par Pagnol en 1914 pour en faire une cité du cinéma, après 3 ans de réhabilitation)…ouvrira ses 3200m2 ;
Jacqueline Boutin, (présidente de l’associations Amis de Marcel Pagnol) pense qu’ainsi le rêve de l’auteur-cinéaste serait réalisée.

Au milieu d’un parc de 6 hectares seront disponibles une  bibliothèque, une vidéothèque, une cinémathèque et un auditorium de 350 places..le tout destiné à raconter et promouvoir les oeuvres culturelles provençales et faire aimer ce peuple.

Cette triple vocation : touristique-culturelle et pédagogique devrait satisfaire autant les 35000 visiteurs annuels que les maîtres amenant les classes de la région.

 

  barrejuin8.gif

 

Avec un clin d’oeil malicieux, il tira de sa poche la clef d’argent.
« Prenez-la, madame Joseph,. Je vous la donne.
- Pour quoi faire ? demanda mon père.
- Pour gagner deux heures tous les samedis matins, et encore deux heures le lundi matin ! Prenez-là. J’en ai une autre.

Il exhiba une seconde clef.
Mais mon père secoua la tête de gauche à droite lentement, et trois fois de suite.
« Non, dit-il. Non ce n’est pas possible. »

Ma mère reposa la clef sur la table.
« Et pourquoi ? dit Bouzigue.

- Parce que je suis un fonctionnaire, moi aussi. Je vois d’ici la tête de M. l’inspecteur d’Académie si on venait lui dire que l’un de ses instituteurs, muni d’une fausse clef, se promène en fraude sur le terrain d’autrui !
- Mais elle n’est pas fausse ! C’est une clef de l’administration !
- Raison de plus ! dit mon père. Tu n’as pas le droit de t’en séparer. »

Bouzigue s’énerva.
« Mais personne ne vous dira jamais rien ! vous avez vu comment ça c’est passé ?
- Personne ne nous a rien dit parce ce que nous n’avons rencontré personne. Mais tu as dit toi-même, en traversant la Belle au bois dormant : « Ici, il n’y a aucun danger ». C’est donc qu’il y en a ailleurs !
- Mais, saint homme , s’écria Bouzigue, quand j’ai dit « danger », ça ne voulait pas dire « catastrophe » ! ça voulait dire que peut-être par un mauvais miracle, un grincheux pourrait se plaindre au Canal, mais que ça n’irait pas plus loin, parce que ma soeur  est là ! N’oubliez pas ma soeur  » !

J’étais tout à fait de son avis. Mais mon père dit sévèrement :
 » Je ne doute pas des qualités ni des influences de ta soeur, quoique je sois navré d’apprendre qu’elle exerce un bien triste métier. Mais j’ai des principes.
- Oyayaie ! dit Bouzigue. Les principes oyayaie !

(Le château de ma mèrepage 193/194)

  

  

barreroser1.gif



Tant que la terre durera

bonpenvous.gif

« …Elle aimait Volodia, bien qu’elle  eût refusé d’être sa femme. Et elle était jalouse de celle qui avait pris sa place auprès de lui. Elle le  voulait tout à elle, exclusivement à elle, malheureux ou heureux à cause d’elle..
Et Michel ? Eh bien ! lui aussi, elle l’aimait. Seulement elle l’aimait d’une autre manière, d’une manière simple, honnête et monotone. Son  sentiment raisonnable pour Michel complétait sa passion folle pour Volodia.
Il lui fallait ces deux hommages contraires pour qu’elle fût satisfaite. Oui, oui, Volodia et Michel  formait une seule entité qui dominait et commandait son existence. Privée de l’un, elle n’aurait pu aimer l’autre. Elle marmonnait à mi-voix, comme pour convaincre une amie invisible, assise à ses côtés :

 - Tu comprends ,
Je les aime tous les deux. Je les ai toujours aimés tous les deux. Et je suis jalouse de l’un comme je serais jalouse de l’autre.  Oh ! je suis un monstre, un monstre…

Puis elle revint à la croisée, Suzanne avait disparu. Par une sorte de dédoublement, elle se vit, hagarde, mal coiffée, appuyée au montant de la fenêtre. Que faisait-elle ainsi ? Qu’attendait-elle ? Après tout, cette maternité ne prouvait rien. Volodia pouvait coucher avec Suzanne et l’aimer, elle, Tania. Qui sait, peut-être, au plus fort de son plaisir, s’imaginait-il étreindre Tania, au lieu de cette petite femelle incolore ? …. »

Henri TROYAT – Temps que la terre durera  (tome 1)

                 barreff.gif

 

 

Henri Troyat  
(Lev Tarassov dit)
est né à Moscou en 1911. Fixé en France dès 1920, il aborda la littérature en 1934 avec « Faux jour« . Grand admirateur de Dostoïvski et de TolstoÎ, tout autant que de Zola et de Balzac, il a  décrit,  par petites touches minutieuses, le quotidien de la vie…
notamment dans de grands cycles romanesques comme les lignes de l’extrait ci-dessus…(saga d’une famille dans la Russie avant-pendant-après la révolution Russe  -  extrait de ma bibliothèque, le texte est offert en 7 tomes) ….
ou La lumière des justes (1955/1962), Les Semailles et les Moissons (1953-1958), Les Eygletières (1965-1967). Entré à l’Académie Française en 1959, il jouissait d’une large audience auprès d’un vaste public..

Bons moments de détente avec un tel roman …

 

 

                   ami.gif

 

 



Thoughts... |
livres d'occasion bouquinsd... |
marcloupias |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Stephan LEWIS - fantastique
| silentenigma
| Au fil des mots