LA VIE A EN MOURIR

*
***
*

0a5.gif

*
***
*

Ma chère femme et enfant,

Lundi 18 mai vers 4 heures, je fus emmené du camp de Drancy où j’étais depuis plus de huit mois ; on m’a mis seul dans une cellule.
Ce matin, les papiers sont arrivés et on m’a pris comme otage, et nos serons fusillés.
Il ne m’est pas permis de faire la moindre démarche, ni protestation. L’ordonnance est signée du Commandant du Grand-Paris ; donc personne ne peut rien pour moi.
Je comprends, ma chère, ta triste douleur ; mais crois-moi, chérie, que ça ne peut changer en rien (sic). Donc, sois courageuse et élève bien notre enfant ; sois une bonne mère pour lui.

Quoi qu’il t’arrive dans la vie, n’abandonne pas notre cher Marcel, et parle-lui souvent de moi. Sois brave et forte, remonte de son mieux le moral à Maman chérie, et aide-la de ton mieux comme ta propre maman.

Jusqu’à la dernière minute, je tiendrai votre photo devant mes yeux.

PAUL

LA VIE A EN MOURIR dans Best-seller 0aMon petit Marcel chéri,

Sois intelligent et instruis-toi bien, et pense toujours à ta Maman, car il est rare d’en trouver une pareille ; aide-la toujours et facilite-lui sa tâche.
Crois-moi, mon petit, que je n’ai jamais voulu que ton bonheur, et si je pars avant l’heure, ce n’est réellement pas de ma faute ; je n’ai rien fait qui puisse mériter cette sentence.
Adieu, mon enfant chéri, sois grand et courageux.
PAUL

20 mai 1942
Paul Libermann

0a2.jpg0a2.jpg0a2.jpg

La vie à en mourir
lettres de fusillés, 1941-1944
Editions Tallandier

*
***

0a8 dans HistoireBien sûr il y a les manuels d’histoire, « c’est au programme » entre sciences net et gym
Il y a les souvenirs des grands parents, avec leurs vieux mots, leurs phrases répétitives, leurs rides, leurs vieilles décorations, leurs voix de vieux
Il y a les musées aussi, on défile en silence « Préhistoire » Renaissance, Résistance »
Des films également : des acteurs sur un écran, entre amours et effets spéciaux.
Et puis il y a ce livre.
Ce livre qui change tout.
Ces lettres de mourants qui ne parlent que de vie.
Où l’idéalisme côtoie les préoccupations d’un père, où le guerrier est un tendre amoureux, le héros un fils, un frère.
Où derrière l’arrogance face à la mort, au sacrifice, on lit la peinte de quitter la vie, les siens, l’avenir.
Ces lettres sont des cordes qui nous rattachent violemment, intimement à cette histoire.
………….(préface Jean-jacques Goldman)

5294701kpyd7jl1111.gif



Thoughts... |
livres d'occasion bouquinsd... |
marcloupias |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Stephan LEWIS - fantastique
| silentenigma
| Au fil des mots