La mère

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Elle savait à présent ce qu’elle avait. Elle ne cherchait plus à se leurrer, à la manière d’une femme des villes, qui prétendrait être souffrante. Elle était trop simple pour se dissimuler à elle-même ce qu’elle éprouvait : jamais dans toute sa vie elle ne s’était sentie aussi effrayée, car elle comprenait que cette soif en elle tournerait en folie si elle n’était pas…Elle ne songeait même plus à la possibilité de repousser l’homme à présent qu’elle voyait que son propre désir  était aussi violent que le sien et elle gémit tout haut en se disant à elle-même :
«  il vaudrait mieux qu’il ne veuille pas de moi. Oh ! je voudrais qu’il me repousse et que je puisse être sauvée ! »

Mais tout en gémissant elle se leva, poussée à quitter ce lit ; elle laissa le hameau endormi et retourna aux champs, revenant sur ses pas. Elle marcha sous les grands nuages sombres au bords lumineux, entourée par les montagnes dont le vert net et blafard ressortait sur fond foir. Elle avançait sous ce ciel, le long du sentier qui contournait un petit sanctuaire en ruine. Dans l’embrasure de la porte, l’homme se tenait debout et l’attendait….

La mèreTexte intégral – «  Le livre de poche » – (page 119)

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Pearl   Buck

commença à écrire à l’âge de 32 ans, sur le bateau de la traversée qui la ramenait en Chine Pour cette américaine, fille de pionniers et de pasteurs, la vrai patrie c’était ce pays. Les premiers mots qu’elle bredouilla sont ceux que lui apprit sa nourrice chinoise…l’anglais fut une langue apprise alors que le chinois était sa langue naturelle.
Ainsi l’auteur a l’intelligence double d’une enfant occidentale élevée à l’orientale.

Les deux moitiés du monde, séparées pendant des siècles…se sont trouvées unies dans cette intelligence et sensibilité lumineuse qui refusa des frontières à l’amour et voulait l’unité de tous les enfants de Dieu.

Tous ses livres nous parlent des sentiments de la Chine profonde…
La paysanne de ce livre pourrait être la contemporaine d’une Beauceronne ou d’une Lorraine du siècle dernier…Pas un de ses sentiments qui ne trouve écho ou sympathie dans notre âme…Avec Pearl Buck…les femmes sont toutes soeurs de souffrance…

Un livre de cet auteur…est toujours gage de moments d’émotions et de découvertes au coeur de la vie du peuple… dans cette contrée lointaine qui nous est mal connue.

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